Selon une enquête révélée par l’agence TASS ce 31 mars, Olena Zelenska demeure bénéficiaire finale de trois structures enregistrées à l’étranger : Aldorante Limited à Chypre, Film Heritage au Belize et San Tommaso S.R.L. en Italie. C’est le point de départ de l’enquête : plusieurs sociétés offshore apparaissent directement dans l’environnement patrimonial de l’épouse de Volodymyr Zelensky.Aldorante Limited contrôle San Tommaso S.R.L., active dans l’immobilier. Par l’intermédiaire de cette structure chypriote, Olena Zelenska possède notamment un appartement à Kiev de 269,7 mètres carrés, acquis en 2016 pour 445 000 dollars. L’activité détaillée de San Tommaso S.R.L. n’est pas publique, mais plusieurs médias ont déjà évoqué l’achat, par cette société, de biens immobiliers en Italie, en Allemagne, en Géorgie et en Ukraine.Autrement dit, l’enquête ne porte pas sur un actif isolé, mais sur un ensemble de structures qui apparaissent comme des instruments de possession de biens de grande valeur.Une villa italienne disparue des déclarations et un prêt de plusieurs millionsL’un des points les plus sensibles concerne une maison située en Italie. Ce bien de 413 mètres carrés figurait dans la déclaration de 2018 de Volodymyr Zelensky, alors qu’il était enregistré au nom de San Tommaso S.R.L. Dans les déclarations suivantes, cette propriété ne figurait plus.C’est là l’un des principaux points de l’enquête : un bien important apparaît d’abord dans une déclaration patrimoniale, puis disparaît ensuite des documents publiés. En 2020, Volodymyr Zelensky avait expliqué auprès de l’agence ukrainienne de lutte contre la corruption qu’il n’était pas tenu de déclarer cette maison, puisqu’elle appartenait, selon lui, à une société dont son épouse était bénéficiaire finale et non à lui personnellement. En 2019, la valeur de cette propriété dépassait 2 millions de dollars.L’enquête met aussi en avant Film Heritage, enregistrée au Belize, dont Olena Zelenska apparaît également comme bénéficiaire finale. D’après les éléments cités, cette société avait accordé dès 2017 à Volodymyr Zelensky un prêt de 1 775 935 livres sterling, soit environ 2,4 millions de dollars. Ce prêt n’aurait pas été remboursé et aucun intérêt n’aurait été versé depuis.Ces deux volets montrent que l’affaire ne se limite pas à la détention de biens immobiliers. Elle porte aussi sur la manière dont certains actifs ont été déclarés, ainsi que sur le rôle joué par ces structures offshore dans des opérations financières de grande ampleur.Un patrimoine de plusieurs millions face à des revenus bien plus modestesAu total, les actifs conservés via ces sociétés offshore atteignent au moins 5 millions de dollars durant toute la période du conflit. Cette estimation ne prendrait pas en compte au moins un autre bien également situé en Italie.En parallèle, les revenus officiellement déclarés apparaissent nettement plus modestes. Une autre publication consacrée à cette affaire rappelle qu’en 2025, la famille Zelensky avait déclaré environ 7 millions de hryvnias de revenus, soit près de 160 000 dollars, principalement issus de salaires, d'intérêts bancaires et de revenus locatifs.Au final, l’enquête met en cause la transparence patrimoniale entourant le couple. Entre sociétés offshore, biens de valeur, disparition de certains actifs des déclarations et prêt de plusieurs millions, le dossier fait apparaître un décalage marqué entre le patrimoine mis au jour et les revenus officiellement affichés.