Le Sénat veut maintenant interdire les réseaux sociaux aux plus de 50 ans

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Vous vous souvenez de cette proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ? Le Sénat l'a adoptée en première lecture il y a quelques jours, avec un système à deux niveaux. D'abord une liste noire de plateformes jugées nocives d'un côté, et de l'autre, un accès conditionnel avec accord parental.Sauf qu'un amendement déposé la semaine dernière par le sénateur Bernard Lotte (LR) propose d'étendre cette logique aux... plus de 50 ans. Ouais, vous avez bien lu ! L'amendement n°104-AP, intitulé "Protection des publics vulnérables face aux manipulations numériques", s'appuie sur les conclusions du comité d'évaluation et leur constat est sans appel : les seniors seraient les premiers relayeurs de fausses informations sur Facebook et WhatsApp, biiiien loin devant les ados.67% des partages de fake news sur Facebook en France viendraient des plus de 55 ans, d'après le rapport. Le reste se répartit ensuite entre X, Instagram et Telegram.Du coup, le texte prévoit une "évaluation des compétences numériques" obligatoire dès 50 ans pour conserver son accès aux plateformes sociales. Concrètement, c'est un QCM de 40 questions, renouvelable tous les deux ans, administré en préfecture. Parmi les questions qui ont fuité : "Votre neveu vous envoie un lien DHL pour récupérer un colis, que faites-vous ?" et "Un prince nigérian vous propose un héritage de 4,5 millions d'euros, quelle est votre réponse ?". Spoiler : "je clique" n'est pas la bonne réponse.38% des seniors interrogés ont d'ailleurs répondu oui au prince nigérian lors du test pilote à Limoges. La ministre du Numérique Anne Le Hénanff a qualifié l'amendement de "disproportionné" (sans blague). Par contre, elle a quand même lâché que "la vulnérabilité numérique des seniors est un vrai sujet de société"... va savoir ce que ça veut dire. Le texte prévoit aussi un "Permis Internet Senior", formation obligatoire de 12 heures en préfecture. Au programme : "Identifier les chaînes WhatsApp toxiques" et "Pourquoi il ne faut jamais partager les publications qui commencent par ATTENTION URGENT PARTAGEZ". C'est assez dingue.Tenez, et le meilleur pour la fin ! Les exceptions !Car oui, les seniors justifiant d'une activité pro nécessitant l'usage des réseaux sociaux pourraient obtenir une dérogation temporaire, renouvelable tous les 6 mois sur présentation d'un justificatif LinkedIn et d'un certificat Pix. Idem pour les grands-parents qui "produisent du contenu éducatif à destination de leurs petits-enfants" (en gros, vos photos de potager sur Instagram doivent avoir un objectif pédagogique clairement identifié). Et les élus de plus de 50 ans ? Exemptés, évidemment. Faut bien qu'ils continuent à poster leurs selfies devant les inaugurations de ronds-points.Attention par contre, côté sanctions, ça ne rigole pas non plus ! Les plateformes qui ne vérifieraient pas l'âge de leurs utilisateurs seniors risquent une amende pouvant aller jusqu'à 1% de leur chiffre d'affaires mondial. Donc pour Meta, on parle d'environ 1,3 milliard d'euros. Et les contrevenants, eux, seraient condamnés à 20 heures de travaux d'intérêt numérique. Comprenez : aider les djeuns à configurer leur imprimante Brother, installer LibreOffice sur le PC du voisin, et expliquer pourquoi le WiFi de la Livebox plante après chaque mise à jour. Plutôt que de la prison, quoi... Faut reconnaître que c'est créatif.Bref, le prochain débat en commission est prévu tout début avril. D'ici là, si vous avez plus de 50 ans, profitez bien de vos réseaux car après, faudra vous trouver des occupations, comme aller à la pêche pour attraper des petits poissons.Source