Le prix du gazole n’avait plus atteint un tel niveau en France depuis 1985. D’après les chiffres relayés par Le Figaro, le prix moyen du litre dans les stations-service s’établit désormais à 2,1888 euros, un sommet inédit. La hausse se poursuit depuis cinq semaines consécutives. Sur la seule dernière semaine, le litre a encore pris 8 centimes, et la progression atteint près de 50 centimes depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, à la fin du mois de février.Cette envolée frappe d’autant plus durement que le gazole reste le carburant le plus utilisé dans le pays, avec environ 68 % du marché français. Pour les ménages comme pour les transporteurs, les agriculteurs ou les pêcheurs, la hausse touche donc un poste de dépense essentiel.Les autres carburants suivent la même tendance, mais de façon moins marquée. Le SP95-E10 atteint 1,9712 euro le litre, le SP95 dépasse les 2 euros avec 2,0091 euros, tandis que le SP98 grimpe à 2,0463 euros. Le prix du gazole continue toutefois d’augmenter plus vite que celui de l’essence.La guerre contre l'Iran pèse sur les prixCette différence s’explique en grande partie par la structure du marché européen. Le Figaro souligne la forte dépendance de l’Europe aux importations de diesel, notamment en provenance du Moyen-Orient. Le quotidien ajoute qu’une fiscalité plus faible sur le gazole le rend également plus sensible aux variations du prix du pétrole.Le facteur géopolitique apparaît comme le moteur principal de cette flambée. La hausse des prix à la pompe est directement liée à la guerre américano-israélienne contre l'Iran et à la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole. Le baril de Brent a ainsi atteint 110 dollars la semaine dernière, contre environ 70 dollars avant le conflit, avant de monter à environ 115 dollars le 30 mars.Au-delà des chiffres, la situation met surtout en lumière une fragilité ancienne. La France, comme d’autres pays européens, reste très exposée aux secousses extérieures. Dès qu’une crise régionale perturbe les routes énergétiques, ses effets se répercutent presque immédiatement sur les automobilistes et sur les secteurs productifs.Une réponse politique sous pressionFace à cette flambée, le gouvernement français exclut pour l’instant une baisse des taxes ainsi que tout plafonnement des prix. L'exécutif privilégie des aides ciblées, estimées à environ 70 millions d’euros, pour le transport routier, l’agriculture et la pêche. Ces mesures pourraient être prolongées en mai ou en juin si la crise devait durer.Sur le terrain, ces annonces ne suffisent pas à calmer la colère. Des transporteurs ont mené des actions durant le week-end avant d’organiser, le 30 mars au matin, une opération escargot sur le périphérique parisien. D’autres mobilisations sont prévues, notamment dans la Marne. Pour les professionnels, le constat est simple : la hausse du carburant avance bien plus vite que les aides promises.La crise des carburants dépasse désormais la seule question énergétique. Elle s’installe dans le débat social et politique français, sur fond de pouvoir d’achat sous pression et de mécontentement croissant face à une réponse gouvernementale jugée trop limitée.