L’eurodéputée LFI Rima Hassan en garde à vue : «Il n'y a donc plus d'immunité parlementaire en France», déplore Mélenchon

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L’entourage de l’eurodéputée de La France insoumise a fait savoir à l’AFP que Rima Hassan avait été placée en garde à vue ce 2 avril pour « apologie du terrorisme » dans le cadre d’une enquête menée par le pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH). La procédure a été ouverte à la suite de la republication d’un message sur X, le 26 mars dernier, évoquant Kozo Okamoto, ancien membre de l'Armée rouge japonaise, reconnu coupable d’avoir abattu 26 personnes à l'aéroport Ben Gourion en Israël en 1972. Le message a été supprimé depuis, après la convocation de l’eurodéputée par les enquêteurs.À l’origine du signalement auprès de la procureur de la République de Paris se trouve Matthias Renault, député du Rassemblement national (RN), qui avait reporté le message de l'eurodéputée faisant référence à Kozo Okamoto, où l’on pouvait lire « Kozo Okamoto : j'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir », selon le signalement du député.De la drogue dans le sac à main de l’eurodéputéeUne petite quantité de drogue de synthèse aurait également été découverte dans le sac à main de Rima Hassan lors de sa garde à vue, a indiqué le quotidien Le Parisien, qui n’a cependant pas précisé ses sources. Franceinfo a plus tard confirmé l'information, citant une source proche du dossier qui a fait savoir que le 1,8 gramme de cette substance avait été testé positif à la cathinone, un dérivé synthétique du khat, dont les effets sont similaires aux amphétamines.Rima Hassan a expliqué aux enquêteurs avoir acheté du CBD dans la capitale belge Bruxelles et que la drogue lui avait été donnée à son insu. Selon la presse française, l’eurodéputée aurait refusé de signer son procès-verbal de fouille, au motif que l'enquêteur n'y avait pas noté ses explications. Sa garde à vue a par conséquent inclu les faits de transport, détention, usage de stupéfiants et refus de se soumettre aux relevés signalétiques.La droite et l'extrême droite fustigent Rima HassanLe maire de Cannes David Lisnard a tenu des propos virulents sur X, accusant Rima Hassan d’être « non seulement pro-terroriste et antirépublicaine, mais aussi camée ». Toujours du côté du RN, l’eurodéputée Marion Maréchal s’en est prise à La France insoumise, la qualifiant de « narco-parti ». « Andy Kerbrat et Rima Hassan, les drogués, Louis Boyard, le dealer, des narcotrafiquants qui fêtent la victoire à Creil ou arrêtés en meeting à Saint-Denis, une idéologie anti-police qui réclame le laxisme pour les dealers, numéro 1 chez les détenus aux élections », a-t-elle martelé.Pour Shannon Seban, secrétaire nationale des Républicains, « ce n’est plus la levée de son immunité parlementaire qu’il faut demander, mais la destitution de ses fonctions de députée européenne ».Un « cap franchi dans le harcèlement judiciaire »Selon l’équipe de l’eurodéputée, l’affaire révèle un nouveau « cap franchi dans le harcèlement judiciaire visant à faire taire les voix qui défendent les droits du peuple palestinien ». Une autre source au sein de La France insoumise a qualifié la procédure contre Rima Hassan d'« hallucinante », rappelant que l'élue franco-palestinienne « a toujours répondu à toutes les convocations ».Soutien de membres de LFI à Rima HassanLe leader LFI Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur X une « police politique [qui] a convoqué une fois de plus Rima Hassan en garde à vue à propos d'un retweet du mois de mars. Il n'y a donc plus d'immunité parlementaire en France », qualifiant aussi l’affaire d'« insupportable ». Pour sa part, une autre eurodéputée LFI, Manon Aubry, a fustigé un « harcèlement judiciaire », assurant qu’aucune « intimidation ne fera taire les voix pour la défense de la Palestine ! ».Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale, a de son côté regretté sur X qu’« après l’acharnement médiatique, politique, sur les réseaux, les campagnes de désinformation organisées depuis Israël : le déchaînement contre les militants palestiniens en France continue dans les commissariats de police », ajoutant dans la même publication que « la pression continue de s’accentuer sur celles et ceux qui dénoncent le génocide à Gaza et la colonisation en Palestine ». La porte-parole du parti de gauche Lutte ouvrière a affirmé sa « solidarité » avec l’eurodéputée de LFI.Pour rappel, l’eurodéputée Rima Hassan est connue pour son soutien à la cause palestinienne. Le 30 avril dernier, elle avait été convoquée par la justice pour « apologie du terrorisme » après avoir déclaré que le Hamas menait « une action légitime ». En décembre 2024, des membres de l'association Observatoire juif de France ont porté plainte contre elle pour des publications sur X dans lesquelles elle parlait d’une « résistance palestinienne armée ».