Budget 2026 : la surtaxe sur les grandes entreprises portée à 8 milliards d’euros

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La surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises constituera l’un des piliers du budget 2026 que le gouvernement s’apprête à présenter. Annoncée dimanche 18 janvier par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, cette contribution rapportera finalement « environ 8 milliards d’euros », soit le double du rendement prévu dans la version initiale du projet budgétaire.Le dispositif conservera le même barème que celui appliqué en 2025 et ne concernera que les très grandes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) étant explicitement exclues.Ce réajustement marque un signal politique fort. Il répond directement à une exigence du Parti socialiste, qui conditionnait sa décision de ne pas censurer le gouvernement à un effort accru demandé aux grandes entreprises. En portant le rendement de la surtaxe à un niveau comparable à celui de l’an dernier, l’exécutif cherche à consolider une majorité de circonstance pour faire adopter le budget dans un contexte parlementaire tendu.Un geste aux socialistesDans une lettre adressée dans la soirée du 18 janvier aux chefs d’entreprise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a justifié cette mesure par la situation stratégique actuelle. « Cet effort demandé aux très grandes entreprises a un sens très clair et une portée nationale », écrit-il, affirmant qu’il contribuera directement au financement de l’accélération de la trajectoire de défense française. Le chef du gouvernement y voit une « expression concrète de patriotisme », estimant que les acteurs économiques doivent prendre leur part à l’effort collectif face aux défis sécuritaires.Le calendrier institutionnel s’accélère désormais. Un conseil des ministres doit se tenir le 19 janvier afin de déterminer le recours constitutionnel qui permettra l’adoption du budget. Entre l’utilisation de l’article 49.3 ou celle d’une ordonnance budgétaire, « rien n’est exclu », a assuré Maud Bregeon, promettant une issue rapide.En contrepartie de cette surtaxe renforcée, le gouvernement a toutefois dû renoncer à une mesure attendue par le patronat : la baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Le projet initial prévoyait une diminution, voire une suppression anticipée de cet impôt de production d’ici 2028, pour un coût estimé à 1,3 milliard d’euros. « Il a donc été renoncé à toute économie sur les allègements de charges, au détriment de la baisse de la CVAE », reconnaît Sébastien Lecornu, tout en affirmant rester convaincu qu’une poursuite de sa diminution devra être engagée à l’avenir.