L’Assemblée nationale a rejeté, mercredi 14 janvier, les deux motions de censure déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, dont la signature est prévue le 17 janvier.La motion portée par LFI n’a recueilli que 256 voix, loin des 288 nécessaires pour faire tomber le gouvernement, tandis que celle du RN n’a rassemblé que 142 députés. Ni la droite, ni le Parti socialiste, ni Les Républicains n’ont souhaité s’y associer.Ces initiatives intervenaient dans un contexte de forte tension politique et sociale, marqué par la poursuite des mobilisations agricoles et par les annonces du Premier ministre, Sébastien Lecornu, visant à apaiser la colère du monde rural.LFI critique les fausses hésitations de MacronÀ la tribune, la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, a fustigé un exécutif accusé d’avoir soutenu pendant des années un accord qu’il prétend aujourd’hui combattre, dénonçant une « ruine économique et morale ». De son côté, la députée RN Hélène Laporte a affirmé que l’agriculture française serait « la grande perdante » du traité, pointant les hésitations et contradictions d’Emmanuel Macron.Si la France s’est officiellement opposée à la signature de l’accord, la gauche radicale et la droite radicale dénoncent une opposition jugée « de façade », incapable d’empêcher l’aboutissement du texte au niveau européen. Sébastien Lecornu, lui, a critiqué des motions de censure qu’il estime irresponsables dans un contexte international instable, accusant leurs auteurs de fragiliser l’exécutif. Bruno Retailleau, président de LR, a justifié son refus de censurer le gouvernement en rappelant que le chef de l’État avait voté contre l’accord et que le véritable combat se jouerait désormais au Parlement européen.L’exécutif avait agité la menace d’une nouvelle dissolution en cas de censure, évoquant la possibilité de législatives anticipées en mars, en même temps que les municipales. Une perspective qui n’a pas suffi à rallier une majorité autour des motions. Pour LFI, ce vote reste toutefois un signal politique fort contre un gouvernement jugé minoritaire et illégitime, tandis que le RN affirme vouloir continuer à défendre les agriculteurs face à un accord qu’il estime déséquilibré.