Groenland : Washington remet en cause la capacité du Danemark à assurer la souveraineté de l’île

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La question de la souveraineté du Groenland a été remise sur le devant de la scène par Stephen Miller, conseiller à la sécurité intérieure du président américain et haut responsable de la Maison Blanche. Intervenant sur Fox News, il a affirmé que le contrôle d’un territoire ne pouvait être dissocié de la capacité réelle à en assurer la défense.Selon lui, le principe est ancien et constant : « Depuis cinq siècles, contrôler un territoire implique de pouvoir le défendre. » Appliqué au Groenland, ce critère conduit, dans son raisonnement, à une conclusion qu’il présente comme évidente : « Quant au Danemark, c’est un petit pays avec une économie et une armée minuscules. Ils ne peuvent ni défendre le Groenland ni contrôler son territoire. »L’enjeu dépasserait largement le cadre de la relation bilatérale entre les États-Unis et le Danemark. Le Groenland occuperait, à ses yeux, une place centrale dans la sécurité nationale américaine, dans un contexte où les régions polaires s’imposeraient comme un nouveau théâtre de rivalités internationales. Il affirme que les adversaires et concurrents de Washington y consacrent des ressources croissantes afin d’y contrôler les déplacements, la navigation et les principales voies de circulation dans l’Arctique.Stephen Miller met également en avant l’ampleur territoriale du Groenland. L’île serait 25 % plus vaste que l’Alaska et représenterait à elle seule un quart de la superficie des États-Unis. Une réalité géographique qui rendrait la capacité du Danemark à exercer un contrôle effectif sur l’île difficilement soutenable. Dans cette perspective, il rappelle que le contrôle d’un territoire ne se limite pas à la capacité de le défendre, mais suppose également de pouvoir le développer et d’y assurer une présence humaine durable — des exigences qu’il estime que le Danemark n’a pas su remplir.Une situation « injuste » pour le contribuable américain qui a financé la défense de l’Europe depuis des générations Au cœur de son discours se trouve aussi la question du partage des charges. Le responsable américain conteste l’idée de financer la protection d’un territoire que Washington ne contrôle pas. « Ils veulent donc que nous dépensions des centaines de milliards de dollars pour défendre, à leur place, un territoire 25 % plus grand que l’Alaska, 100 % aux frais des Américains, tout en prétendant que, pendant ce temps, ce territoire appartient entièrement au Danemark. C’est un mauvais accord, il est injuste », martèle-t-il.Selon lui, cette situation serait surtout « injuste par rapport au contribuable américain » qui aurait financé la défense de l’Europe depuis des générations. « Les dollars, la richesse, le sang et l’ingéniosité américains garantissent la sécurité de l’Europe et du monde libre. Et Donald Trump exige qu’on nous respecte », conclut-il.Les inquiétudes concernant le Groenland se sont intensifiées à la suite des déclarations de Donald Trump, qui a plusieurs fois évoqué son achat, voire le recours à la force, au nom de la sécurité nationale des États-Unis. Selon NBC News, le coût d’une éventuelle acquisition du Groenland par les États-Unis pourrait atteindre jusqu’à 700 milliards de dollars.Le Groenland est une ancienne colonie danoise devenu territoire autonome du Royaume du Danemark, qui continue de contrôler sa politique étrangère et de sécurité. Avec ses 2,166 millions de kilomètres carrés, c'est la plus grande île du monde, dont près de 80 % du territoire est recouvert de glace. Elle est située au nord-est de l'Amérique du Nord. L'île compte un peu plus de 50 000 habitants, pour la plupart des Inuits (Eskimos).