« Je veux dire que cette revendication ne fera que renforcer la détermination du gouvernement a mieux réprimer ce type d’organisation sauvage que nos concitoyens ne comprennent pas », a déclaré ce 3 mai depuis sa ville natale de Bourges, où il était « attendu », le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez, fustigeant un « rassemblement musical totalement illégal ».À quelques dizaines de kilomètres de là, se déroule depuis trois jours une rave-party auquel participaient encore au matin 17 000 personnes, selon la préfecture du Cher. La veille au soir, les « teufeurs » étaient estimés « entre 35 000 et 40 000 » par Tekno Anti Rep, un collectif de soutien aux free-parties contacté par l’AFP.Collectif qui a précisé que le lieu avait été sciemment choisi pour protester contre la politique de l’exécutif français à l’égard de ces événements illégaux, notamment un projet de loi allant dans le même sens qu’une proposition de loi sur la « pénalisation de l'organisation de rave-party », portée par la députée Horizon du Maine-et-Loire, Laetitia Saint-Paul.Des verbalisations que Laurent Nuñez souhaite voir étendues aux fêtards, lesquels, dans le cas présent, ne pouvaient ignorer les panneaux d’interdiction qui « jalonnent » le champ de tir de la Direction générale de l’armement (DGA) où avait lieu le rassemblement. « Ce sera un délit aussi pour les participants et nous pourrons appliquer l’amende forfaitaire délictuelle à hauteur de 300 euros », a déclaré cet ancien préfet de police de Paris, avec son ton et son vocable hérités de la fonction publique.«Pas mal de gens font leurs besoins un peu partout», se désole le maire d’un village voisinLe ministre français a notamment pointé du doigt les « nuisances » créées, notamment pour les habitants de Bengy-sur-Craon, village situé à moins de deux kilomètres du teknival. « Ce matin, il y a des voitures partout. […] Pas mal de gens font leurs besoins un peu partout », a notamment dépeint auprès de France Info Denis Durand, maire de cette commune de 600 âmes.« Même nous, en tant qu'habitants, n'avons pas le droit d'y aller », a déclaré une habitante, toujours auprès du média d’État. « Nous n'avons pas le droit de nous y promener avec notre chien, pas le droit de traverser ces champs. Toutes les semaines il y a des tirs avec des essais du canon Caesar, des essais de missile. On entend péter comme si on était en Ukraine », a-t-elle poursuivi.Lors de son exercice médiatique, Laurent Nuñez a également annoncé qu’un « second obus » était « en cours de traitement ». La veille au soir, la préfecture du Cher avait annoncé que des démineurs de la DGA avaient dû intervenir pour « procéder au déplacement » d’un obus - découvert « en bordure de site du teknival » - vers « une zone dédiée sans risque » où il sera détruit ultérieurement.Le préfet du Cher Philippe Le Moing Surzur avait rappelé le 2 mai que l’événement se déroulait sur « un terrain militaire dangereux, en raison des munitions non explosées qu’il peut contenir » utilisé par la DGA comme champ de tir. Face aux risques, près de 600 gendarmes, une quarantaine de pompiers et une trentaine de secouristes de la protection civile ont été mobilisés afin de sécuriser cet événement illégal.