L'économie européenne est dans la tourmente au moment même où elle espérait accélérer sa croissance en 2026 après une longue stagnation. La situation peu enviable de l’Europe est due au choc énergétique causé par le conflit qui fait rage actuellement au Moyen-Orient, a rapporté le quotidien économique américain The Wall Street Journal.La situation économique européenne se trouve à un stade plus difficile que celui d’il y a quatre ans, lors du début de l'opération militaire spéciale en Ukraine. Contrairement à cette époque, les décideurs européens n’ont plus la même capacité à fournir des aides aux populations, une situation causée principalement par l’explosion de la dette publique, qui bat des records, notamment en France et au Royaume-Uni, où elle atteint des seuils inédits en pourcentage du PIB depuis six décennies. Le coût de l’emprunt est également élevé, ce qui n’arrange en rien la situation économique du continent.Prix de l’énergie élevé, désindustrialisation accéléréeUne forte hausse des prix de l'énergie fait planer le spectre de la désindustrialisation en Europe, particulièrement dans des secteurs énergivores comme l’industrie chimique, où certaines entreprises ferment des usines pour délocaliser leur production en Chine ou aux États-Unis.Dans le secteur agricole, cette hausse des coûts pourrait peser directement sur les agriculteurs en renchérissant le prix des intrants, notamment le diesel et les engrais, dont la fabrication repose largement sur le gaz naturel comme matière première, érodant ainsi des marges déjà faibles.Citée par The Wall Street Journal, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a indiqué le 11 mars que l’augmentation des prix du pétrole et du gaz durant les dix premiers jours de la guerre américano-israélienne contre l’Iran avait déjà coûté aux contribuables européens trois milliards d’euros supplémentaires en importations de combustibles fossiles.Le dernier d’une série de coups durs de Donald TrumpAprès les tarifs douaniers, l’escalade du conflit en Iran constitue désormais le tout dernier coup dur porté par la politique du président américain Donald Trump contre l'économie européenne, qui est lourdement dépendante du commerce international, dans la mesure où elle ne dispose que de peu de ressources naturelles.Dans la zone euro, la valeur du commerce extérieur représente près de la moitié du PIB annuel du bloc, contre environ 35 % pour la Chine et 25 % pour les États-Unis, explique The Wall Street Journal.Les tensions au Moyen-Orient relancent d’ailleurs les craintes d’une récession en Europe, selon l’économiste en chef chez Capital Economics à Londres, Neil Shearing. Il estime qu’avec une croissance proche de 1 %, un baril de pétrole à 125 dollars ou plus pourrait suffire à plonger l’Europe en récession.Le Royaume-Uni et la France en difficultéUne analyse de Goldman Sachs estime que le Royaume-Uni, importateur net de produits alimentaires et d'énergie, pourrait être parmi les pays les plus durement touchés par la crise actuelle au Moyen-Orient. Le pays commençait à peine à se remettre des conséquences cumulées du Brexit, de la pandémie de Covid-19, de la crise financière déclenchée par les annonces budgétaires de l’ancienne Première ministre Liz Truss et des hausses d'impôts successives du gouvernement travailliste actuel. « Maintenant, tout cela est remis en question », a déclaré Andrew Wishart, économiste chez Berenberg.De l’autre côté de la Manche, la situation française n’est guère meilleure. La dette publique atteint 3 480 milliards d’euros au troisième trimestre 2025, tandis que le déficit budgétaire est estimé à 5,4 % du PIB.Selon l’OCDE, la France a mis en place des mesures de soutien énergétique d'une valeur d'environ 105 milliards d'euros entre 2022 et 2023 juste après le déclenchement du conflit en Ukraine. Aujourd’hui, ce type de largesses de la part du gouvernement serait probablement inenvisageable.