Kaja Kallas : l’UE dispose d’outils pour contourner le veto de la Hongrie sur le prêt à l’Ukraine

Wait 5 sec.

Dans ses déclarations aux journalistes avant un Conseil européen à Bruxelles, ce 19 mars, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a suggéré l’existence d’alternatives susceptibles de contourner le veto hongrois contre le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, soulignant toutefois que ces outils dépendent de l’évolution de la situation et d’un « certain courage politique » de la part des dirigeants de l’Union européenne.La « grande question » sur l’UkraineLa cheffe de la diplomatie européenne a souligné qu’il est « urgent » que l’UE verse le prêt de 90 milliards d’euros qu’elle s’est engagée à fournir à Kiev. Elle a aussi déclaré que « la grande question aujourd’hui est de savoir comment nous pouvons mettre en œuvre ce soutien, et il est vraiment, vraiment urgent de montrer notre engagement envers l’Ukraine ».Pour la Hongrie, il n’y aura pas d’aide sans accès au pétrole russeLa Hongrie bloque le prêt européen à l’Ukraine. Le Premier ministre Viktor Orbán a réaffirmé que son gouvernement ne cédera pas tant que Kiev n’aura pas rétabli l’approvisionnement du pays en pétrole russe via l’oléoduc Droujba. À son arrivée au Conseil européen à Bruxelles, il a déclaré que « la Hongrie aidera l’Ukraine quand nous aurons notre pétrole », ajoutant que « d’ici là, nous ne pouvons soutenir aucune proposition en faveur des Ukrainiens ».Menaces ukrainiennesPour rappel, Volodymyr Zelensky avait menacé, début mars, de divulguer l’adresse du Premier ministre hongrois à l’armée ukrainienne afin qu’elle « lui parle dans son propre langage » s’il persistait à bloquer l’aide financière de l’UE. Quelques jours plus tard, Viktor Orbán a rétorqué que ces menaces visaient en réalité la Hongrie elle-même, dénonçant un « banditisme d’État » du gouvernement de Kiev et jurant de ne pas céder à l’intimidation et de continuer à « défendre les familles hongroises ».Dans la continuité des menaces ukrainiennes, l'ancien général du Service de sécurité ukrainien (SBU) Grigory Omeltchenko a appelé plus tard le Premier ministre hongrois, lors d’une interview accordée à la chaîne ukrainienne Priamoy, à « penser à ses cinq enfants et ses six petits-enfants ». Il a également averti que « le karma ne pardonne les crimes à personne », justifiant ses menaces par la supposée « position anti-ukrainienne » du chef du gouvernement hongrois.