Alors qu’Israël intensifie ses opérations au sud du Liban, la crise révèle l’absence de stratégie unifiée côté libanais. Entre partisans de négociations immédiates, défenseurs d’un cessez-le-feu préalable et ceux appelant à une action de l’État contre le Hezbollah, les divisions politiques affaiblissent la capacité de réponse face à une offensive qui semble appelée à durer.Dans ce contexte, le fossé entre l’État libanais et le Hezbollah se creuse davantage, le mouvement chiite poursuivant une logique militaire liée au conflit régional avec l’Iran. Sur le terrain, le Hezbollah adopte une stratégie d’usure, cherchant à ralentir l’avancée israélienne tout en infligeant des pertes.Le projet israélien dans le sudMalgré des pertes importantes, le Hezbollah maintient ses lignes et continue d’acheminer hommes et matériel vers le front. En face, Israël affiche des objectifs fluctuants : création d’une zone tampon au sud du Litani, déplacement massif de populations, voire démantèlement total du Hezbollah. Cette ambiguïté stratégique se double d’une confusion côté américain, où l’administration de Donald Trump multiplie les canaux et les messages contradictoires, compliquant toute initiative diplomatique.Les discussions autour d’éventuelles négociations illustrent ces blocages. Les autorités libanaises craignent d’entrer dans un rapport de force défavorable, tandis que la question de la représentation chiite, notamment sous l’influence de Nabih Berri, empêche la formation d’une délégation crédible. De leur côté, Washington et Tel Aviv exigent des garanties que Beyrouth peine à offrir, notamment sur l’application d’un futur accord.Militairement, Israël semble préparer une offensive en plusieurs phases : sécurisation de la ligne de front, progression vers le fleuve Litani, puis extension des opérations vers des zones plus profondes comme la région de Zahrani ou la Békaa. L’objectif serait de couper les lignes d’approvisionnement du Hezbollah et de neutraliser ses capacités balistiques, quitte à élargir le conflit à l’ensemble du territoire libanais. La bataille en cours, notamment autour de Khiam et des axes stratégiques du Sud, pourrait ainsi n’être qu’une étape préparatoire à une opération de plus grande envergure.Dans ce contexte, l’évolution militaire sur le terrain semble primer sur toute dynamique diplomatique. Le Liban apparaît pris entre ses divisions internes et une pression militaire croissante, tandis que le conflit régional redéfinit les équilibres et laisse présager une confrontation prolongée.