À Damas, recul des autorités sur l’interdiction de l’alcool après une vive contestation

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Les autorités de Damas ont finalement atténué leur décision d’interdire la vente d’alcool dans la capitale, après une vague de critiques et de protestations dénonçant une mesure jugée discriminatoire. Initialement, le gouvernorat avait annoncé l’interdiction totale de l’alcool dans les restaurants et lieux de divertissement, à l’exception de certains quartiers à majorité chrétienne comme Bab Touma, Qassaa et Bab Sharqi. Cette distinction a rapidement suscité des accusations de traitement sectaire.Face à la pression populaire, les autorités ont publié un communiqué de clarification, introduisant des exceptions pour les établissements touristiques, notamment les hôtels et certains restaurants. Elles ont également présenté des excuses aux habitants des quartiers concernés, reconnaissant une communication maladroite et promettant de revoir la mesure afin de préserver l’équilibre social et culturel de la ville.La pente glissante du conservatisme Cette polémique intervient dans un contexte de transition politique fragile depuis la chute de Bachar el-Assad fin 2024. Le nouveau pouvoir, dirigé par Ahmad al-Chareh, avait jusqu’ici évité d’imposer des restrictions sociales strictes. Toutefois, plusieurs décisions récentes, comme des limitations sur la tenue vestimentaire ou des règles imposées dans la fonction publique, alimentent les inquiétudes quant à une possible évolution vers des politiques plus conservatrices.Dans une société syrienne marquée par sa diversité religieuse et culturelle, ces mesures sont perçues par certains comme une menace pour les libertés individuelles. Des manifestations ont ainsi réuni musulmans et chrétiens, dénonçant des décisions susceptibles d’accentuer les divisions. Des organisations chrétiennes ont également alerté sur les risques sécuritaires, estimant que cibler certaines zones pourrait les exposer davantage à des attaques.Plus largement, cet épisode illustre les difficultés du pouvoir intérimaire à concilier gouvernance, stabilité interne et attentes d’une population éprouvée par des années de guerre. Entre volonté de contrôle et nécessité de préserver la cohésion sociale, les autorités syriennes avancent sur une ligne de crête particulièrement délicate.