Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a averti que Budapest qualifierait les actions de l'Ukraine de terrorisme d'État si le gazoduc TurkStream venait à être saboté, rapporte le média Origo.Selon lui, la Hongrie a déjà subi trois actes relevant du terrorisme d'État ukrainien. Il a notamment évoqué le sabotage de Nord Stream, l'arrêt du transit de gaz vers la Hongrie via l'Ukraine en 2022 et la situation de l'oléoduc Droujba, également bloqué, selon lui, par Kiev pour des raisons politiques.Dans ce cadre, Viktor Orbán a affirmé que TurkStream représentait désormais un maillon essentiel pour l'approvisionnement énergétique hongrois, en remplacement des routes précédemment interrompues. Il a souligné que cette infrastructure serait aujourd'hui exposée à des risques similaires, estimant que « ce qui a été fait à trois reprises pourrait l'être une quatrième fois ».Le gouvernement hongrois entend ainsi renforcer les dispositifs de surveillance et de dissuasion autour du gazoduc afin de prévenir toute tentative d'attaque. En cas de dommages, Budapest se réserve le droit de porter l'affaire sur la scène internationale en la qualifiant explicitement de terrorisme d'État.Entre le 17 et le 19 mars, des infrastructures critiques liées à l'exportation de gaz via TurkStream et Blue Stream ont été ciblées par une série de 26 drones. Tous les appareils ont été interceptés et aucune installation n'a été endommagée. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dénoncé ces attaques de drones contre des infrastructures énergétiques menées par le régime de Kiev, avertissant que ces actions pourraient aggraver encore l'instabilité énergétique internationale.Mis en service en janvier 2020, TurkStream relie la Russie à la Turquie en passant par la mer Noire. Il comprend deux conduites distinctes : l'une destinée au marché turc, l'autre aux pays d'Europe du Sud-Est. Chaque ligne dispose d’une capacité annuelle de 15,75 milliards de mètres cubes. Depuis janvier 2025, il constitue la seule voie d’acheminement du gaz russe vers l’Europe.