La guerre contre l'Iran coûte déjà plus cher que le lancement de la guerre en Irak en 2003

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La campagne militaire menée par les États-Unis contre l'Iran se distingue déjà par son coût exceptionnel, dépassant dès ses premières phases les dépenses engagées lors du début de la guerre en Irak en 2003, rapporte Newsweek.La demande budgétaire actuelle formulée par l'administration de Donald Trump atteint 200 milliards de dollars pour poursuivre l'opération baptisée « Epic Fury ». Ce montant excède largement les besoins exprimés par l'administration de George W. Bush au lancement du conflit irakien. En mars 2003, Washington sollicitait 74,7 milliards de dollars, soit environ 133 milliards en valeur actuelle, un niveau nettement inférieur à celui requis aujourd'hui.D'après cette source, cette différence s'explique en partie par la nature même des opérations. L'intervention en Irak reposait sur un déploiement massif de forces terrestres, mobilisant plus de 150 000 soldats et une large coalition internationale. À l'inverse, la campagne contre l'Iran se caractérise par une stratégie aérienne et navale, sans engagement direct de troupes au sol. Pourtant, loin de réduire les coûts, cette approche s'avère particulièrement onéreuse.Le facteur déterminant réside dans l'usage intensif d'armements de haute précision. En l'espace de trois semaines, plus de 7 000 cibles auraient été frappées, entraînant une consommation massive de munitions sophistiquées. Les missiles de croisière Tomahawk, dont le coût unitaire avoisine 3,5 millions de dollars, ont été largement utilisés au début de l'opération. À titre de comparaison, les bombes guidées JDAM coûtent moins de 100 000 dollars, mais leur emploi était initialement plus limité.Face à l'ampleur des dépenses, les forces américaines ont rapidement ajusté leur stratégie. Dès le quatrième jour, elles ont intensifié l'usage de munitions moins coûteuses, telles que les JDAM, ainsi que des bombes non guidées ou à sous-munitions. Cette réorientation a permis de ralentir la progression des coûts quotidiens, sans toutefois inverser la tendance générale.Les estimations du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) illustrent cette dynamique : le coût total de la campagne est passé de 11,3 milliards de dollars au sixième jour à 16,5 milliards au douzième, soit une hausse de 46 % en moins d’une semaine.Les fonds demandés ne visent pas uniquement à couvrir les actions déjà menées. Ils doivent également financer d'éventuelles frappes futures et reconstituer des stocks d'armements fortement entamés par l'intensité des opérations. Le ministre américain à la Guerre, Pete Hegseth, a d’ailleurs insisté sur la nécessité urgente de recompléter les arsenaux, mis sous pression par le rythme soutenu des frappes.