Blackout à Cuba : la Russie prête à fournir toute l’aide possible

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Une panne d'électricité généralisée a plongé Cuba dans le noir le 16 mars, selon les autorités du pays, sur fond d’aggravation de la crise énergétique et économique et d’effondrement de son réseau électrique. Le ministère de l'Énergie et des Mines a signalé sur X que le « réseau électrique national (SEN) est totalement hors service », indiquant que les causes de la panne faisaient l’objet d’une enquête et précisant que « les protocoles de rétablissement sont en cours d'activation ».Dans ses déclarations aux médias, Lázaro Guerra, directeur de l'électricité au ministère, a indiqué que des équipes techniques tentaient de redémarrer plusieurs centrales thermoélectriques pour rétablir l’électricité. « Il faut procéder par étapes pour éviter les revers », a-t-il précisé, expliquant que les systèmes, étant très fragiles, sont susceptibles de subir des pannes.Un réseau électrique à bout de souffleDans la soirée du 16 mars, les médias cubains ont annoncé le rétablissement du courant pour environ 5 % des habitants de La Havane, soit près de 42 000 abonnés, ainsi que pour plusieurs hôpitaux. Les autorités ont toutefois prévenu que ces rétablissements pourraient rester instables.Le réseau électrique cubain, vieillissant et fortement dégradé, connaît depuis plusieurs années une multiplication des coupures. Pour le gouvernement cubain, les États-Unis sont directement responsables de cette situation à cause du blocus énergétique imposé dans le sillage des menaces de droits de douane agitées par le président Donald Trump en janvier dernier contre tout pays qui fournirait du pétrole à Cuba.Trump pense qu’il aura « l’honneur de conquérir Cuba »Dans un échange avec la presse dans le Bureau ovale le 16 mars, le président américain a déclaré : « Vous savez, j'ai toujours entendu parler des États-Unis et de Cuba. Quand est-ce que les États-Unis vont enfin agir ? »Donald Trump a aussi affirmé : « Je crois que j’aurai… l’honneur de conquérir Cuba ». Il a ajouté : « Que je la libère, que je la prenne ; je pense que je peux en faire ce que je veux. Vous voulez savoir la vérité ? C'est une nation très affaiblie en ce moment », sans apporter de plus amples précisions sur ce qu’il voulait dire exactement par le terme « prendre ».Pour l’heure, les autorités cubaines n’ont pas officiellement réagi à ces déclarations.La Russie prête « à fournir toute l’aide possible »La Russie a de son côté exprimé sa disponibilité pour soutenir Cuba.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que Moscou restait en contact avec les autorités cubaines « tant au niveau des experts qu’au niveau opérationnel », rappelant que Cuba est un État souverain et indépendant qui subit de graves défis économiques et humanitaires.« Bien sûr, nous sommes prêts à fournir toute l’aide possible », a-t-il déclaré, dénonçant par ailleurs l’« embargo étouffant » imposé par Washington à l’île.Témoignage d’une résidente russe à CubaOutre les coupures d’électricité, une Russe résidant à Cuba a rapporté à RT que les habitants manquaient d'eau potable et que le réseau mobile était quasi inexistant. Elle a aussi précisé que, bien qu’elles soient fréquentes depuis quelque temps, les coupures de courant n’avaient jamais pris une telle ampleur que celle du 16 mars.Privés de communications fixes et mobiles, pratiquement hors service, les habitants effectuent des réserves d'eau, devenue introuvable dans les magasins, et sont désormais obligés d’acheter toutes les autres boissons disponibles.Dans une autre perspective, elle a indiqué que des émeutes avaient lieu dans certaines régions depuis plus d'une semaine, à l’instar d’une attaque survenue récemment contre le siège du Parti communiste au pouvoir à Morón.