Cuba replonge dans le noir après une seconde panne nationale d’électricité en moins d’une semaine

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Cuba a de nouveau été frappée par une panne d’électricité à l’échelle nationale le 21 mars, en début de soirée. Le ministère cubain de l’Énergie a annoncé qu’« une panne totale » avait touché le réseau national et que les procédures de rétablissement avaient été lancées. Il s’agit de la deuxième coupure générale en moins d’une semaine et de la troisième depuis le début du mois de mars.Sur l’origine immédiate de l’incident, les principales versions concordent. Une unité de la centrale thermoélectrique de Nuevitas, dans la province de Camagüey, s’est arrêtée brutalement. Cette défaillance a provoqué un « effet domino » sur les autres machines encore en service, jusqu’à entraîner la déconnexion complète du système électrique national.Un pays déjà fragilisé par des coupures chroniquesCette nouvelle panne a eu des effets immédiats dans tout le pays. La capitale a été plongée dans l’obscurité, où les habitants se déplaçaient à la lumière de leurs téléphones portables, tandis que seuls quelques restaurants parvinrent à rester ouverts grâce à des groupes électrogènes. Plus de 10 millions de personnes ont été touchées. Des hôpitaux, des réseaux d’eau et d’autres centres vitaux ont dû être alimentés en priorité au moyen de « micro-îlots » de production.Mais cette panne ne constitue pas un incident isolé. Cuba dépend d’un parc de huit centrales thermiques vieillissantes, dont certaines ont plus de quarante ans. Les coupures régionales et nationales se sont multipliées au cours des deux dernières années. Dans le même temps, les habitants subissent déjà, au quotidien, des interruptions d’électricité pouvant durer de longues heures, parfois jusqu’à 12, 15, voire 20 heures selon les zones.Sanctions, manque de carburant et tensions croissantesSur les causes de fond, deux facteurs majeurs reviennent. D’un côté, les autorités cubaines attribuent cette crise aux sanctions américaines et au blocus énergétique, qui compliquent à la fois la réparation des installations et l’approvisionnement en carburant. De l’autre, certains pointent un sous-investissement chronique de l’État dans le secteur électrique. Cuba ne couvre qu’environ 40 % de ses besoins en carburant, tandis que l’arrêt des livraisons en provenance du Venezuela a encore aggravé la situation.Dans ce contexte, la crise énergétique nourrit une tension sociale de plus en plus visible. Des habitants épuisés par la répétition des coupures évoquent une situation devenue « insupportable », tandis que d’autres affirment qu’« on ne peut pas vivre ainsi ». Cette nouvelle panne survient en outre au moment où un convoi d’aide internationale commençait à arriver à La Havane avec des médicaments, de la nourriture, de l’eau et des panneaux solaires. Une nouvelle fois, l’île s’est donc retrouvée paralysée par une crise énergétique qui s’impose désormais comme l’un des symptômes les plus visibles des difficultés que traverse ce pays.