La montée des tensions sur les marchés énergétiques ravive les critiques autour de la diplomatie française envers Alger. Dans un message publié le 20 mars sur le réseau social X, Ségolène Royal a vivement dénoncé ce qu’elle qualifie « d’absurdité » dans la gestion du différend entre Paris et Alger, pointant directement la décision du président Emmanuel Macron de suspendre les relations diplomatiques avec l’Algérie.Pour l’ancienne ministre, cette posture fragilise la position économique de la France, à l’heure où plusieurs pays européens renforcent leurs liens avec Alger pour sécuriser leurs approvisionnements énergétiques. Elle cite notamment l’Italie, qui continue de s’appuyer sur le gaz algérien pour couvrir une part significative de ses besoins.Ségolène Royal insiste sur la nécessité de privilégier le dialogue, estimant que « s’entendre avec ses voisins est la base de la paix et du développement ». Elle met également en garde contre certaines prises de position hostiles à l’égard de l’Algérie dans le débat politique français, qu’elle juge contre-productives.L’Algérie, pivot énergétique dans un contexte mondial sous tensionLa crise énergétique mondiale, aggravée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, renforce la place stratégique de l’Algérie. La confrontation entre Iran et États-Unis, ainsi que les perturbations du détroit d’Ormuz, ont contribué à désorganiser les flux d’hydrocarbures en provenance du Golfe.Dans ce contexte, Alger apparaît comme un fournisseur incontournable pour plusieurs économies européennes. L’Italie couvre ainsi environ un tiers de sa consommation de gaz grâce aux exportations algériennes, levier central dans les discussions bilatérales en cours.Dans ce contexte, la France apparaît en retrait face à ses partenaires européens. Les tensions persistantes avec Alger pourraient peser sur le coût de l’énergie et sur la sécurité d’approvisionnement du pays.