Lavrov : la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le détroit d'Ormuz vise soit à faire échouer le dialogue, soit à légitimer l'agression contre l'Iran

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Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a eu des pourparlers à Moscou avec son homologue égyptien, Badr Abdelatty, au cours desquels les deux parties ont accordé une attention particulière à l'escalade au Moyen-Orient, conséquence de l'agression non provoquée des États-Unis et d'Israël contre l'Iran. Moscou et Le Caire plaident en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et d'un retour au processus politico-diplomatique dans la région. Sergueï Lavrov a également commenté la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, préparée par Bahreïn sur le déblocage du détroit d'Ormuz, soulignant que la partie russe continuait de la rejeter. Selon lui, l'adoption de ce document, qui ne mentionne même pas que l'Iran a été victime d'une agression, « susciterait l'hostilité des autorités de Téhéran ». D’après lui, cela aboutirait à l'utilisation de cette résolution soit pour faire échouer le dialogue qui s'amorce entre l'Iran et les États-Unis, soit pour légitimer « a posteriori » l'agression contre l'Iran.Lavrov a également attiré l'attention sur les déclarations du président américain Donald Trump, selon lesquelles, dès que les États-Unis auront mis fin aux opérations militaires dans la région, la navigation dans le détroit d'Ormuz reprendra. « Le problème, c’est donc qu’il ne faut pas simplement exiger de l’Iran [qu’il ouvre le détroit], mais il faut aussi que les combats cessent. C’est alors que sera rétabli le régime du détroit qui s’appuie pleinement sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, qui régit toutes les normes de navigation en temps de paix », a-t-il fait remarquer.L'Égypte souligne la nécessité d'éliminer les causes profondes du conflit en UkraineLes deux ministres ont également abordé la crise ukrainienne. Selon Badr Abdelatty, Le Caire soutient une résolution diplomatique du conflit, le règlement de ses causes profondes, ainsi que la tenue de négociations tripartites. Le chef de la diplomatie égyptienne a également fait part de la volonté de l'Égypte de soutenir les efforts de règlement visant à préserver la stabilité régionale et internationale.Au nom de la Russie, Sergueï Lavrov a remercié la partie égyptienne pour sa position objective et équilibrée sur la situation autour du conflit ukrainien, soulignant que l'éradication des causes de la crise était une question fondamentale pour Moscou.Fin mars, Sergueï Lavrov a accordé une interview à France Télévisions, au cours de laquelle il a souligné la différence entre le conflit ukrainien et la guerre au Moyen-Orient. Il a rappelé la Déclaration d’indépendance de l’Ukraine de 1991, qui stipule le statut non aligné, non nucléaire et neutre du pays et qui, en raison des actions du régime de Kiev et de l’Occident, n’est pas respectée. Il a également évoqué les accords de Minsk de 2015 et la reconnaissance ultérieure par les dirigeants européens et ukrainiens qu’ils n’avaient pas l’intention de les respecter.« La différence est que la République islamique d’Iran n’a violé aucun de ses engagements internationaux, y compris en ce qui concerne son programme nucléaire. En 2015, a été signé le Plan d’action global. Il a été approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Ce plan a été sapé par les États-Unis lorsqu’en 2017, au cours du premier mandat du président Trump, ils se sont retirés de cet accord en violation de tous leurs engagements. L’Iran n’a rien violé. L’Ukraine, elle, a violé tout ce qui peut être violé, avec ses parrains occidentaux », a conclu le ministre russe des Affaires étrangères.