La nouvelle loi israélienne sur la peine de mort met une fois de plus en lumière l’hypocrisie des médias.

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Abraham Lincoln a dit un jour que nous connaissons mieux que quiconque ce que nous créons. La diplomatie européenne contemporaine, et notamment le gouvernement espagnol, a poussé ce principe à l’extrême : elle a inventé un scandale moral, l’a baptisé « Israël », puis le combat avec le courage théâtral d’un adversaire face à un dragon de carton.Cette fois-ci, la cible est la peine de mort proposée pour les terroristes en Israël. Selon les protestations indignées – exprimées avec la solennité propre à l’hypocrisie – il s’agit d’une régression civilisationnelle, d’une atteinte aux droits de l’homme, d’une barbarie intolérable au XXIe siècle.Curieusement, les mêmes gouvernements qui s’arrachent les cheveux à propos de cette mesure maintiennent – ​​certains avec un enthousiasme quasi liturgique – la peine de mort dans leurs propres codes pénaux. Et pas seulement pour les terroristes : parfois pour blasphème, adultère, apostasie, trafic d’êtres humains, dissidence politique, ou simplement pour ceux qui ont eu le malheur de vivre en marge de la norme religieuse dominante. Mais, dans ce cas précis, le silence règne. Un silence respectueux, presque dévotionnel.Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, entre en scène en arbitre moral de la planète. Il condamne Israël avec l’autorité d’un catéchiste universel, mais, victime d’un mystérieux trou de mémoire, il est incapable de formuler la moindre critique à l’égard des pays où la peine capitale est appliquée avec une régularité bureaucratique.C’est la vieille logique de l’éléphant invisible :La peine de mort selon la jurisprudence islamique ? Une tradition culturelle.La peine de mort pour ceux qui kidnappent et massacrent des civils juifs ? Une barbarie moyenâgeuse.Deux poids, deux mesures ? Non. Deux poids, deux mesures.Quand la peine de mort sert à préserver des régimes théocratiques, c’est une nuance culturelle. Quand elle sert à punir le terrorisme, c’est du fascisme.L’argument le plus curieux est que cette mesure « aggraverait le conflit ». Comme si le conflit dépendait de la clémence du système pénal israélien. Comme si le terrorisme ne prospérait que parce que les terroristes craignent une peine sévère. C’est une logique fascinante : plus l’État est indulgent, plus il serait sûr. Pour la même raison, peut-être devrions-nous abolir les prisons afin de ne pas provoquer les criminels.Cependant, il y a un point que les critiques évitent d’aborder, non par ignorance, mais par prudence rhétorique. Le terrorisme contemporain prospère grâce à deux monnaies d’échange principales : les otages vivants et les prisonniers.Chaque terroriste capturé devient un jeton dans un casino géopolitique. Enlevez un civil et exigez la libération de dizaines, voire de centaines d’autres. L’incitation est mathématique. Plus le nombre de terroristes emprisonnés est élevé, plus l’incitation à kidnapper est forte.Supprimez cette monnaie d’échange – avec la peine maximale pour les attentats – et le calcul change. Sans prisonniers échangeables, le kidnapping perd une partie de son utilité stratégique. Le terrorisme cesse d’être un investissement rentable et devient un pari à haut risque.Mais ce détail est rarement mentionné dans les éditoriaux indignés. Après tout, cela suggère que la politique israélienne n’est pas un simple caprice punitif, mais une tentative de modifier la logique opérationnelle du terrorisme. Et cela discrédite le discours sentimental.Ceux qui accusent Israël de « disproportion » appliquent une disproportion morale à l’échelle continentale. La vie humaine est sacrée – tant qu’elle est arabe. Mais lorsque les Arabes versent des pensions aux familles de terroristes, incitant ainsi ceux qui tuent des Juifs innocents, soudain, la vie n’est plus aussi sacrée aux yeux des médias internationaux.En fin de compte, nous ne sommes pas face à un débat juridique, mais à un phénomène psychologique : l’indignation sélective. Elle fonctionne comme ces lunettes à verre unique : elle grossit ce qui l’arrange, efface le reste.Résultat : l’exécution de terroristes devient le plus grand scandale du monde, tandis que les morts quotidiennes de Juifs dans des attentats terroristes sont étrangement normalisées, lorsqu’elles ne sont pas justifiées.Quand on me demande pourquoi l’accusation de « deux poids, deux mesures » revient sans cesse, cet épisode montre que la réponse est simple : elle ne revient pas. Elle n’a jamais disparu.