Le palais marocain qui n’a jamais existé : les dernières manœuvres financières de Jeffrey Epstein

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Derrière de hauts murs aux abords de Marrakech, le domaine de Bin Ennakhil ressemble à une forteresse de luxe : fontaines de marbre, jardins d’oliviers et de palmiers, salons richement décorés et hammam sculpté composent un décor pensé pour échapper aux regards.C’est pourtant vers ce refuge discret que Jeffrey Epstein aurait tenté de se tourner à l’été 2019, alors que l’étau judiciaire se resserrait autour de lui. Selon des documents du département américain de la Justice consultés par des médias internationaux, le financier négociait l’acquisition du palais marocain quelques semaines seulement avant son arrestation pour trafic sexuel.De jeunes filles marocaines dans le viseur d'EpsteinL’opération reposait sur un montage offshore sophistiqué mêlant sociétés au Liechtenstein et fiducies enregistrées dans les îles Vierges britanniques. Le projet, estimé à près de 25 millions d’euros, était mené par ses proches collaborateurs via plusieurs structures financières destinées à optimiser la fiscalité et à masquer l’identité réelle de l’acquéreur. Mais au fil des mois, les banques ayant longtemps accompagné Epstein ont commencé à bloquer ses transactions. Des virements ont été refusés, signalés ou annulés, tandis que les services de conformité renforçaient leurs contrôles face à la médiatisation croissante de ses affaires judiciaires.Les documents révèlent un financier expérimenté soudain confronté à la fermeture progressive des circuits financiers qui lui avaient permis de déplacer des millions à l’international. Plusieurs transferts vers la Suisse liés à l’achat du palais ont échoué, certains faute de fonds disponibles, d’autres après intervention directe des établissements bancaires, inquiets d’un possible risque de fuite. Quelques jours plus tard, le 6 juillet 2019, Epstein était arrêté dans le New Jersey.Le Maroc apparaissait toutefois dans son environnement bien avant ce projet immobilier. Des échanges remontant au début des années 2000 évoquent déjà des contacts liés à Marrakech et des tentatives de recrutement de jeunes femmes pour son réseau. Pendant plus d’une décennie, malgré une condamnation controversée en 2008, Epstein avait poursuivi une vie mondaine entre résidences de prestige et relations influentes, jusqu’aux révélations médiatiques ayant relancé l’enquête fédérale en 2019.