Malgré un contexte international incertain et des relations parfois tendues avec Washington, l’économie sud-africaine montre des signes d’amélioration progressive. Lors de la présentation du budget au Parlement, le ministre des Finances Enoch Godongwana a salué une croissance estimée à 1,4 % en 2025, qui pourrait atteindre 1,6 % cette année.Des performances encore modestes, mais qui marquent un redressement après plusieurs années de stagnation économique et de crises énergétiques répétées. Parmi les indicateurs encourageants figure la sortie récente du pays de la liste grise du Groupe d’action financière, symbole d’efforts renforcés contre le blanchiment d’argent. En novembre 2025, l’agence Standard & Poor’s a également relevé la note souveraine sud-africaine à BB, une première depuis près de deux décennies.La diplomatie ouverte de Pretoria dans le viseur de WashingtonCette amélioration s’explique notamment par la nette réduction des délestages électriques, longtemps considérés comme un frein majeur à l’investissement et à la croissance. Le gouvernement met en avant une crédibilité retrouvée et une économie plus résiliente.Le FMI prévoit lui aussi une amélioration progressive à moyen terme, tout en alertant sur le poids élevé de la dette publique, proche de 79 % du PIB. Pretoria assure toutefois que cette trajectoire devrait désormais se stabiliser, grâce à une gestion budgétaire plus stricte et à des recettes accrues issues du secteur minier, portées par la hausse des prix des matières premières, ce qui a permis d’éviter une hausse d’impôts.Sur le plan diplomatique, les frictions avec les États-Unis restent un facteur d’incertitude. Washington reproche régulièrement à Pretoria sa position jugée trop équilibrée vis-à-vis de la Russie et ses relations renforcées avec les pays des BRICS, ainsi que certaines orientations commerciales et énergétiques divergentes. Ces tensions nourrissent des inquiétudes chez les investisseurs, même si le gouvernement sud-africain insiste sur sa volonté de maintenir des partenariats économiques ouverts.Malgré ces progrès, le principal défi demeure le chômage massif, qui touche plus de 30 % de la population. La consolidation de la croissance et la relance de l’investissement privé seront déterminantes pour transformer cette embellie fragile en reprise durable.