Les suites judiciaires du génocide rwandais à Paris avec le procès en appel de Claude Muhayimana pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité.La réquisition prononcée dans un silence pesant relance le débat sur le rôle logistique présumé de cet ancien chauffeur dans les massacres de Kibuye et Bisesero. Un « rouage » logistique contesté par la défenseDès les premiers jours du génocide, Claude Muhayimana aurait été vu au volant d’une camionnette transportant des miliciens interahamwe vers plusieurs sites de tueries. Il lui est aussi reproché d’être resté sur place pour raccompagner les génocidaires. De nouveaux faits ont émergé en appel, notamment son rôle présumé dans le massacre de l’école de Niamyshaba.Debout à la barre, l’avocate générale a balayé l’argument de la contrainte avancé par l’accusé : « On ne peut pas à la fois nier les faits et plaider la contrainte ». Elle a rappelé que Muhayimana n’avait ni retardé les convois, ni simulé une panne, ni fui les collines de Bisesero. « Il y retourne et mène à bien sa mission de complice », a-t-elle insisté.Richard Gisagara, l'un des avocats des plaignants a de son côté souligné l'existence de nombreuses preuves confirmant l'implication de l'accusé dans les crimes de génocide Me Richard Gisagara, umwe mu bunganira abaregera indishyi mu rubanza ruregwamo Claude Muhayimana, yagaragaje ko hari ibimenyetso byinshi bishimangira ko ibyaha bya Jenoside uregwa akurikiranweho yabigizemo uruhare. Kuri uyu wa Kane, Ubushinjacyaha bwasabiye Claude Muhayimana… pic.twitter.com/7ttHQnO6pF— Rwanda Broadcasting Agency (RBA) (@rbarwanda) February 26, 2026La défense, représentée par Me Hugo Latrabe et Me Rheda Ghileci, a demandé l’acquittement total. « Si des gendarmes armés venaient chez vous et vous ordonnaient de les conduire… que feriez-vous ? Lorsque votre femme est tutsi et que vous craignez pour sa sécurité ? Ne soyez pas naïfs », a plaidé Me Ghileci. Les avocats dénoncent des témoignages « mensongers » et des preuves insuffisantes trente ans après les faits.Ce jugement est inédit puisqu’il s’agit du premier civil « ordinaire » jugé en France pour ces faits en vertu de la compétence universelle, Claude Muhayimana encourt théoriquement la perpétuité. Il clame toujours son innocence, invoquant un complot politique orchestré depuis Kigali. Le verdict est attendu ce vendredi 27 février.