BMW, Mercedes, Volkswagen : les géants allemands face à un risque existentiel ?

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D’ici la fin de la décennie, BMW, Mercedes-Benz et Volkswagen pourraient ne plus exister sous la forme que nous connaissons aujourd’hui, selon l’analyse présentée par Moritz Schularick, président de l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale.D'après lui, l’industrie automobile européenne entre dans une période radicalement différente de celle qu’elle a vécue pendant plus d’un siècle. Le changement n’est pas conjoncturel : il est structurel.Trois forces agissent en même temps : l’électrification, la numérisation et la concurrence mondiale. Ensemble, elles redessinent la manière de concevoir, produire et vendre des voitures. Le secteur ne se limite plus à fabriquer des véhicules performants. Il doit désormais intégrer des technologies capables de transformer la mobilité en service numérique complet.Les logiciels, l’intelligence artificielle et la conduite autonome deviennent déterminants pour l’avenir du secteur. Dans ces domaines, certains concurrents internationaux, en particulier chinois, avancent plus vite. Les constructeurs allemands, malgré leur réputation d’excellence industrielle, se retrouvent donc en position moins confortable qu’auparavant.Ce décalage ne menace pas seulement leurs produits. Il met en cause leur position sur des marchés clés et la solidité de leur modèle économique. Des entreprises plus récentes, moins attachées à un héritage industriel lourd, disposent d’une flexibilité technologique supérieure. Cette agilité pourrait leur permettre de gagner rapidement du terrain, selon l'expert.L’électrification elle-même n’est qu’un point de départ. Produire des véhicules électriques implique de revoir les chaînes d’approvisionnement, l’organisation industrielle et même la relation avec le client. À cela s’ajoute la nécessité de développer des logiciels internes capables de rivaliser avec les avancées en intelligence artificielle.L’ensemble ressemble à une révolution industrielle à grande échelle. Dans un tel contexte, rester attaché aux méthodes traditionnelles comporte un risque majeur : celui d’être dépassé. D’ici 2030, certaines entreprises pourraient survivre, mais sous une forme profondément différente. Pour les géants allemands, l’enjeu n’est plus seulement la performance automobile. C’est leur capacité à se réinventer.