Bombardement meurtrier d'une école en Iran : l'Occident se tait alors qu'Israël affirme ne «pas être au courant»

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Le bilan des victimes du bombardement israélo-américain d'une école primaire de filles à Minab, dans le sud de l'Iran, le 28 février s'est alourdi à 148 tués et 95 blessés, rapporte l'agence de presse Mizan, citant le procureur de Minab, Ebrahim Taheri. Les photos et les vidéos prises après le bombardement le plus meurtrier de toute l'attaque contre l'Iran ont été authentifiées et géolocalisées par plusieurs médias, qui ont fait savoir que l'école, ciblée par trois attaques de missiles, selon les autorités, était située à environ 600 mètres d'une base du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Une révélation qui remet en question les prétentions américaine et israélienne de ne s'attaquer qu'à « des objectifs militaires » et de tenter de « punir le régime, et non le peuple iranien ».En temps normal, un massacre de cette envergure aurait dû susciter des indignations et des condamnations mondiales – on en a vu pour moins que cela –, sauf que les capitales occidentales ont montré peu ou pas de réaction concernant une énième exaction israélo-américaine contre des innocents, dans une autre preuve flagrante des deux poids, deux mesures dont l'Occident possède le secret.Silence européen, mais Washington « mène l'enquête »Pour l'heure, aucune capitale occidentale n'a encore émis une position claire vis-à-vis de l'« acte barbare », selon l'expression du président iranien Massoud Pezechkian, perpétré par la coalition israélo-américaine dans l'école iranienne. Pour sa part, le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du commandement central de l'armée américaine, a déclaré que l'armée américaine avait pris connaissance des informations faisant état de dommages causés aux civils par les opérations militaires en cours. « Nous prenons ces informations au sérieux et nous menons une enquête. La protection des civils est primordiale et nous continuerons de prendre toutes les précautions nécessaires pour minimiser les risques de dommages involontaires », a-t-il affirmé.Du côté de la presse, un article de la BBC semble justifier l'absence de réaction face à cette exaction par ce qu'il a qualifié de « profonde méfiance envers le régime iranien [qui] rend cependant les rapports officiels difficiles à accepter pour beaucoup ». Sur le site de la chaîne, on peut même lire que « certains Iraniens », dont l'identité n'a pas été explicitée, ont « accusé le régime d'être responsable de l'attaque ». Bien entendu, et pour rester tout aussi crédible, aucune mention n'a été faite d'une éventuelle responsabilité américaine ou israélienne.Quand ils ne sont pas au courant, les officiels israéliens accusent l'IranDans un point de presse, le porte-parole militaire israélien, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, a déclaré qu'« à ce stade, nous n'avons pas connaissance d'une frappe israélienne ou américaine à cet endroit [...] Nous opérons de manière extrêmement précise ». Pour sa part, le porte-parole de la diplomatie israélienne a déclaré que « le régime iranien est connu pour produire de fausses informations à des fins de propagande », refusant d'ajouter de plus amples informations sur la question.Dans un entretien avec le site indien d'information Firstpost, Fleur Hassan-Nahoum, la maire adjointe de Jérusalem ira même, dans une démonstration de logique imparable, jusqu'à accuser directement l'Iran d'avoir mené l'attaque contre sa propre population à des fins de « propagande islamiste », reprenant encore une fois l'affirmation (très crédible au passage, après près de deux ans et demi de bombardements contre les civils gazaouis) qu'« Israël et les États-Unis ne cibleraient jamais une école » et que le gouvernement iranien a commis cette atrocité pour salir l'image des gouvernements américain et israélien.