La démission de Rachida Dati, déjà annoncée par la principale intéressée, marque la fin d’un mandat de vingt-cinq mois à la Rue de Valois, où elle s’est engagée dans une bataille électorale décisive pour la mairie de Paris, qu’elle qualifie de « combat de sa vie ». Le combat de ma vie, c'est Paris!Je veux dire aux Parisiens: je vais me battre pour eux, je vais me battre pour Paris. Je leur demande de me faire confiance: je vais changer leur vie. pic.twitter.com/DHfKAltFIC— Rachida Dati ن (@datirachida) February 25, 2026Entre son bilan mitigé à la culture et une lutte électorale âpre, Rachida Dati va devoir cravacher pendant les trois semaines qui la sépare du premier tour des élections municipales. Un bilan contrasté au ministère de la Culture Durant ses deux années au ministère, Rachida Dati a multiplié les annonces ambitieuses, mais les réalisations concrètes peinent à suivre. Elle a priorisé la culture en milieu rural avec un plan à 100 millions d’euros, incluant la relance des artothèques, des structures d’art contemporain, et des dispositifs comme les Micro-Folies, des « musées numériques ». Cependant, la moitié de ce budget recyclait des mesures existantes, et les moyens humains ont manqué pour les déployer efficacement. Concernant le Pass Culture, elle a promis une réforme pour mieux en démocratiser l’accès, mais a réduit le crédit individuel de 300 à 150 euros pour les jeunes de 18 ans, sans réserver une part au spectacle vivant comme annoncé.Le secteur du spectacle vivant, fragilisé par les coupes budgétaires des collectivités, a été négligé : la ministre a snobé des événements majeurs comme les Biennales de Nantes ou le Festival d’Avignon où la gauche culturelle lui a réservé un accueil glacial. Quant à l’audiovisuel public, sa réforme pour une holding regroupant France Télévisions, Radio France et INA a échoué malgré deux tentatives, bloquées par l’Assemblée nationale. Le dossier du Louvre, marqué par le vol des bijoux de la couronne en octobre 2025, aura constitué le plus grand échec de son mandat.Enfin, elle a refusé la démission de Laurence des Cars, qui finalement a été contrainte de partir la veille du départ de la ministre… Dans un contexte de crise, les crédits pour les monuments historiques ont chuté de 24 % en deux ans, et des destructions comme celle de la ferme urbaine du monastère de la Visitation à Paris ont été regrettées par les associations. Cavalier seul dans la campagne parisienne Dans la course à la mairie, Rachida Dati, créditée de 30 % des intentions de vote au premier tour selon un sondage Ifop du 23 février, talonne Emmanuel Grégoire (PS, 32 %). Mais elle se trouve isolée entre Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance, 12 %) et Sarah Knafo (Reconquête, 11 %). Bournazel a clarifié sur France Inter le 25 février : « Je ne rejoindrai ni Grégoire ni Dati au second tour », insistant sur des différences de projets et de valeurs.Une sortie taclée le 26 février par Dati sur le plateau de BFM évoquant la candidature de son adversaire comme celle « de l'échec ou de la volonté de reconduire cette gauche ». Municipales à Paris: Rachida Dati définit la candidature de Pierre-Yves Bournazel comme celle "de l'échec ou de la volonté de reconduire cette gauche" pic.twitter.com/coJSCrIXzl— BFM (@BFMTV) February 26, 2026Pourtant, Édouard Philippe, président d’Horizons, a contredit son candidat en affirmant à l’AFP qu’il ferait « tout pour l’alternance » via un « grand rassemblement de la droite et du centre ». Quant à Sarah Knafo, c’est Rachida Dati elle-même qui a rejeté une possible alliance au second tour.À deux semaines du scrutin, la démission de Dati lui permet de se recentrer sur Paris et de jouer sa carrière à quitte ou double.